13 Sep

DE DIRECTION « CHEF D’ÉCOLE »… À « ENTREPRENEUR D’ÉCOLE » ? 

Français 2 Responses

(RÉACTION À L’ARTICLE DE LA PRESSE – SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2017)

L’École d’aujourd’hui est une véritable ENTREPRISE HUMAINE, les défis qu’elle porte sont de tout acabit. Le Chef d’école est un dirigeant appelé à faire preuve de talents multiples. Il lui faut être souple et agile. L’article de la Presse « Les Chefs d’école » illustre l’énorme complexité qui, de nos jours, est en place dans les écoles et l’environnement humain qui les entoure (leur communauté).

DIRECTEUR / DIRECTRICE D’ÉCOLE ou CHEF DE L’ENTREPRISE-ÉCOLE ?

Être à la direction d’école est une tâche lourde mais celle-ci est tellement importante. Le rôle de la direction est crucial pour que l’école parvienne à faire en sorte que tous les jeunes puissent expérimenter et vivre leur réussite éducative. C’est là, me semble-t-il, son but premier. Dans le contexte actuel, diriger l’école oblige à prendre des décisions sur une base quotidienne et continuelle (…une centaine par jour selon une étude publiée il y a quelques années). Inévitablement, cela veut dire prendre des risques et devoir en assumer les conséquences. Agir en visionnaire et se donner le droit d’audace et d’innovation est maintenant absolument essentiel. S’autoriser à sortir des sentiers battus ne doit plus être perçu comme une forme de délinquance professionnelle, mais plutôt être vu comme une volonté marquée d’oeuvrer à une éducation meilleure. Améliorer ou modifier en profondeur certaines pratiques, certains processus ou encore réinventer les manières d’organiser la pédagogie et les environnements d’apprentissage exigent d’oser faire autrement. En effet, user des mêmes moyens, des mêmes approches, des mêmes schèmes de pensée, voire utiliser les mêmes « mots » pour parler et expliquer des concepts se voulant nouveaux mène inexorablement aux mêmes résultats. Rien ne change.

Gérer une école, c’est de plus, en permanence, savoir tenir compte et être attentif (… à l’écoute) des diverses dimensions émotionnelles. Celles des enfants, des éducateurs, d’une multitude d’intervenants, des parents, voire même des partenaires qui investissent avec générosité. Et c’est sans aucun doute le plus difficile, car la gestion émotionnelle teinte la manière d’écouter, d’interagir, de voir et de décider. À l’école, ce type de gestion est constant et multiforme. Maintenir l’harmonie d’ensemble au plus grand bénéfice de toutes et de tous est une tâche complexe.

ENTREPRENEUR D’ÉCOLE 

La direction « Chef d’école » est alors un leader et un créateur de sens, il est en quelque sorte devenu un « Entrepreneur d’école »…, un entrepreneur social (…éducatif) porteur de conscience engagé et qui engage les uns et les autres pour le mieux-être des jeunes…

Au sein d’une École communautaire entrepreneuriale consciente (ECEC), le ou la Chef de l’entreprise-école dispose d’un avantage notable, celui de ne plus se sentir seul et de ne plus l’être. En effet, grâce à son « leadership partagé mobilisateur », cela  permet qu’il/elle profite de l’appui d’enseignants, d’autres personnes membres de l’équipe-école et même de partenaires de l’environnement humain qui appuient l’école (… parents, communauté).

Cet avantage considérable ouvre la porte à l’idée de faire participer l’intelligence collective du milieu humain, qu’anime la direction, à nombre d’innovations éducatives, à du développement organisationnel offrant ainsi plus de chances de réussir des transformations avantageuses pour les jeunes, les éducateurs, les parents et les partenaires. Du fait que plusieurs décisions et les risques associés sont le fruit d’une réflexion et d’une responsabilité partagées, ceux-ci sont ainsi ressentis moins lourds à porter. 

La direction « Chef d’école » est alors un leader et un créateur de sens, il est en quelque sorte devenu un « Entrepreneur d’école »…, un entrepreneur social (…éducatif) porteur de conscience engagé et qui engage les uns et les autres pour le mieux-être des jeunes, incluant le mieux-être de l’ensemble des personnes (éducateurs, parents, partenaires) qui œuvrent à l’école et à l’extérieur pour une éducation plus globale. Cela donne une « communauté-éducative » qui contribue à faire vivre régulièrement du BONHEUR À L’ÉCOLE.  N’est-ce pas là la véritable force transformationnelle de l’École d’aujourd’hui ?

 

Rino Lévesque
Fondateur et conseiller stratégique

 


2 Commentaires

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  1. Marlène Gagné

    22 août 2018 at 9 h 46 min

    Bonjour Monsieur Lévesque,

    Quel texte! J’ose vous dire qu’il exprime une philosophie imprégnée de sens humain, de valeurs portées avec fierté et surtout partagées.

    Votre vision me rejoint profondément et je me fais un devoir de répandre cette approche. Je suis au ministère de l’éducation maintenant et j’ai découvert votre article ce matin. C’est un bonheur réel de réaliser que grâce à vos mots (ces mots) les consciences humaines ouvertes pourront s’y retrouver pour le bien de la communauté apprenante.

    Merci et bonne continuité.

    Marlène

    Répondre
    • Rino levesque

      23 août 2018 at 17 h 12 min

      Grand merci !
      Si vous souhaitez échanger sur le sujet, j’en serais ravis.
      Très belle journée à vous !

      PS Si vous êtes intéressés par l’idée d’une culture entrepreneuriale consciente pour tous, voici un article récemment rendu disponible sur le Web qui en présente une vision d’ensemble : http://revues.uqac.ca/index.php/revueot/article/view/315/245

      Dans l’un de mes blogues précédents, une version plus courte sur le même sujet avait été publiée en France dans la revue économique LA TRIBUNE.

      Répondre

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