09 Oct

7 raisons pour faire de l’entrepreneuriat à l’école

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Lorsqu’on consulte les blogues en éducation, on ressent une intention ferme de changer les choses. Des sujets d’actualité tels que le Lab-école, repenser l’école et le plan d’action sur le numérique illustrent bien cette volonté. Tous cherchent à rendre nos écoles meilleures afin qu’elles répondent aux exigences du prochain siècle. Il appert que ce que nous désirons, nous ne devrions pas uniquement l’analyser sous l’angle des programmes d’étude, des aménagements ou des structures. Nous devrions plutôt imaginer une école orientée sur le plein développement de tous les individus qui la fréquentent : jeunes, enseignants, directions, professionnels, personnel de soutien. Une école ouverte vers sa communauté et à sa communauté.

L’intégration du numérique, la littératie, la numératie, la citoyenneté, la neuroscience, l’école efficace, le codage, pour n’en nommer que quelques-unes, sont des thématiques qui voyagent allègrement sur la Toile. Or, derrière ces pédagogies, il y a un jeune en quête de sens qui observe les changements que nous tentons de mettre autour de lui avec l’intention de le motiver à mieux réussir.

Mon passage comme enseignant et comme directeur d’école m’a permis de mieux comprendre qui est l’acteur principal de la réussite du jeune : le jeune lui-même. Celui-ci doit toutefois ressentir l’influence d’une équipe qui guidera et orientera ses choix, mais encore faut-il qu’il apprenne à faire des choix. L’arrivée de la pédagogie à valeur entrepreneuriale dans ma carrière est venue donner une orientation majeure à ma pratique. J’ai vu des petits miracles se produire, j’ai vu des parents s’engager auprès de l’école pour leur enfant, j’ai vu des partenaires proposer de l’aide afin que collectivement, nous mettions tout en place pour que les jeunes aient la chance de faire des choix plus éclairés et engageants.

Mon expérience d’accompagnant dans le domaine de l’éducation entrepreneuriale m’a aussi permis de voir des enseignants embarqués à pieds joints, mais aussi d’autres qui doutaient ou qui ne savaient pas si le jeu en valait la chandelle. Je vais vous présenter ici une série d’arguments visant à démontrer la valeur de l’éducation entrepreneuriale à l’école.

 

1.   Croire que nous pouvons être un acteur du changement

Et si la capacité à imaginer des solutions et à créer le changement venait de l’éducation?

Les conseillers en management ou en gestion des ressources humaines publient des centaines d’ouvrages annuellement sur la gestion du changement. On peut dire que c’est un marché lucratif pour ces auteurs, mais s’il y en a autant, c’est qu’il y a réellement un besoin!

Jamais, ou à de rares occasions, nous avons eu l’occasion de vivre des risques, de tenter des expériences avec des enjeux authentiques dans notre parcours scolaire. Nous avons été encadrés de façon serrée afin de ne pas sortir du moule.

Aujourd’hui, je crois que les intervenants scolaires doivent saisir que nous ne sommes pas là pour reproduire le moule, mais pour contribuer au plein essor d’individus aux caractéristiques et potentialités uniques.

Plus les jeunes apprendront à mesurer les risques, à vivre en état de déséquilibre et à constater que c’est dans ces situations qu’ils apprennent le mieux, plus ils deviendront compétents à apprécier les changements auxquels ils seront confrontés.

 

2.   Croire que nous pouvons influencer le parcours et la destination des jeunes qui passent dans nos classes

Nous avons tous en mémoire un enseignant qui nous a marqués. Pour plusieurs, ces enseignants nous ont influencé dans notre choix de carrière, nous ont orienté vers des choix plus judicieux dans notre vie (amis, consommations, etc.). Depuis toujours, des enseignants ont joué le rôle de mentor, de guide pour des jeunes de leurs classes, mais j’ai l’impression que ces derniers étaient en minorité.

Je crois que nous pourrions envisager qu’une plus grande majorité d’enseignants, de façon consciente, influence le parcours des jeunes en les guidant, en établissant une relation de partenariat. Collectivement, nous pourrions influencer les choix et les expériences enrichissantes que vivront les jeunes de nos écoles.

Faisons battre les cœurs à l’unisson des jeunes dans nos classes grâce à nos passions et aux leurs. Nos champs d’intérêts sont des vecteurs fantastiques afin de permettre aux jeunes de se mettre en valeur.

 

3.   Croire qu’ensemble nous pouvons changer le monde

« Ça me donne quoi de faire ça, personne ne va le savoir! » Un des intérêts de la pédagogie à valeur entrepreneuriale dans un monde numérique est justement de répondre à un problème authentique pour un public cible réel. Nous ne faisons pas pour faire. Nous souhaitons collectivement, dans une classe ou une école, changer les choses. Bien souvent, avec l’interconnectivité que nous avons désormais grâce aux réseaux sociaux, nos bonnes idées voyagent sur des milliers de kilomètres. Le battement d’ailes du papillon peut provoquer des raz de marées inattendus. Nos projets peuvent changer le monde et cette capacité appartient aux jeunes dans nos classes. Nous avons donc la chance (et la responsabilité) de veiller à ce que les jeunes prennent conscience qu’ils peuvent changer les choses, qu’ils ont une influence sur leur futur et que le monde entier attend leurs idées. Soyons tous des acteurs du changement.

#Changeons_le_monde_grâce_aux_enfants

 

4.   Croire que nous pouvons enseigner de façon plus authentique

« À quoi ça va me servir d’apprendre ça? » Comme enseignants, je me suis fait poser trop souvent cette question. Une réponse un peu bête que j’ai déjà utilisée (avec regret aujourd’hui) est « tu le comprendras lorsque tu seras plus vieux ».

Avec le recul, ce n’est pas le genre de réponse qui motive les jeunes ou qui les responsabilise dans leurs apprentissages. Bien entendu, certains concepts plus abstraits doivent sans doute être appris un de façon systématique, mais si nous exploitons davantage nos contenus pédagogiques et didactiques dans des contextes authentiques comme dans le cadre de projets entrepreneuriaux, je peux vous certifier que cette question ne se posera plus. Les jeunes mettront en application les notions apprises dans des situations qui ont du sens à leurs yeux et qui leur permettent d’en saisir l’utilité.

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5.   Croire que les jeunes peuvent être engagés à l’école… à tous les âges

L’authenticité des projets entrepreneuriaux permet d’activer l’engagement des jeunes dans leur vie scolaire, mais il y a tout de même des conditions préalables ou complémentaires à ne pas oublier. Le plus rapidement possible, les jeunes doivent s’approprier le projet, afin que ça devienne LEUR projet. Puisque l’enseignant est souvent derrière l’idée ou la coordination du projet, surtout chez les plus petits, il peut être utile d’employer de la ruse pédagogique pour questionner et orienter les jeunes vers des choix plus judicieux. Il faut également que le destinataire du projet (client, public cible, personne dans le besoin) soit bien connu par les jeunes et qu’une forme de relation soit établie. Ainsi, les jeunes seront animés par le désir d’aider quelqu’un qu’ils ont l’impression de connaître. Il faut aussi que l’enseignant soit transparent et fasse confiance aux jeunes « pour de vrai ». Ne jamais sous-estimer le potentiel des enfants.

 

6.   Croire que les parents et la communauté peuvent être de réels partenaires

Malheureusement, on peut lire des articles sur les parents rois qui débarquent dans nos écoles. Des adultes qui ont l’impression de tout connaître du travail de l’enseignant puisqu’ils ont fait 16-17 ans sur les bancs d’école. L’éducation est une science qui a évolué énormément dans les dernières années; le travail des enseignants n’est plus le même qu’il y a 20 ans. Celui-ci n’a pas changé uniquement grâce aux avancées de la science, il a aussi été transformé par les nouvelles exigences toujours plus grandes envers l’école et sa direction. On ne peut plus travailler de manière isolée : il faut tout un village pour éduquer les enfants [1]. Le hic, c’est que ni les parents, ni l’école n’a établi les règles du jeu. Un meilleur dialogue entre l’école et la communauté permettra de mettre sur la table les attentes mutuelles, mais il serait tragique que l’école passe à côté de la somme des talents, des ressources et des opportunités qu’offre sa communauté de parents, mais aussi ses partenaires. Ouvrons la porte à cet immense potentiel de collaboration. Le projet entrepreneurial est une voie fantastique pour favoriser la participation de partenaires. C’est peut-être la première porte à ouvrir aux parents difficiles. Et vous verrez que lorsque ces derniers seront témoins de la motivation et la capacité de leur enfant à réussir une tâche qui n’est pas uniquement académique, ils vous diront « Hein! Je ne pensais pas que mon gars/ma fille était capable de faire ça! ». À partir de cet instant, vous pourrez construire une relation qui vous mènera parfois jusqu’à une collaboration autour de la table du plan d’intervention d’un jeune.

 

7.   Croire à la puissance des jeunes!

Le projet entrepreneurial sollicite trois principaux rôles chez les jeunes de nos salles de classe : initiateur, réalisateur et gestionnaire de leur projet ou des projets dans lesquels ils sont impliqués. Ces trois rôles s’interchangent tout au long du processus et chaque personne a une plus grande aisance avec l’un ou l’autre. C’est donc aux enseignants de voir à mettre en valeur les forces et à développer chez les jeunes les rôles dans lesquels ils semblent plus effacés.

Même si cela peut être intimidant de parler à des adultes qu’ils ne connaissent pas, les jeunes ont souvent davantage de succès que les enseignants eux-mêmes lors de négociations. Ils ont la candeur et la vivacité qui allument le coeur des partenaires. Ils ne se mettent pas tous les freins que nous, adultes, nous imposons. Soyons des allumeurs de réverbères [2], permettons aux jeunes d’exprimer leurs passions et de les transmettre à leur entourage et à leurs partenaires.

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » – Mark Twain

L’éducation entrepreneuriale permet aux jeunes de prendre en main leur pouvoir d’agir. Par cette voie, ils développeront leur confiance en eux, leur débrouillardise, leur créativité et autres. Nous avons là une occasion en or d’aider les jeunes à développer le meilleur C.V. qui puisse exister afin qu’ils réussissent et s’épanouissent dans leur vie!

 

Par Jean-Sébastien Reid
Directeur adjoint
Idée éducation entrepreneuriale

 

[1] Sagesse africaine

[2] Le Petit prince, François de St-Exupéry, 1943


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