10 Déc

Voir les défis, s’entreprendre et faire autrement !

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La complexité des défis s’accentue aussi bien dans les pays de l’hémisphère Nord que dans ceux de l’hémisphère Sud. Cette complexité est encore plus apparente dans les grandes villes qui hébergent désormais plus de 50% de la population mondiale.

L’école et la société sont contraintes à chercher des solutions, ici, à une panoplie de défis que vivent les élèves, pour qu’ils réussissent mieux. Par exemple, nous cherchons à innover pédagogiquement et sur le plan organisationnel pour les motiver à venir apprendre à l’école. Ces défis naissent de besoins non comblés qui, à leur tour, sont à la source de divers types de décrochages : pédagogique, éducatif, scolaire, culturel, santé, etc. Tous ces besoins et décrochages sont pluricausaux.

L’école s’est cloisonnée progressivement, me paraît-il, de manière plus marquée depuis environ 50 ans (dès le milieu des années 1960), en raison de diverses croyances liées à ce que nous appelons le progrès social, le projet pédagogique mais aussi le culte de l’expertise. Nous sommes entourés, soi-disant, de très nombreux «spécialistes» dans tous les domaines. Ces mêmes domaines se divisent et se subdivisent en des spécialités toujours plus fines en raison, dit-on, des progrès de la recherche et des nouvelles connaissances. Comme nous sommes persuadés de désormais mieux connaître, nous multiplions les ressources disponibles dans les écoles et, parfois, autour de l’école; des ressources prêtes à intervenir en tout temps.   Il s’agit bien entendu d’un contexte propre aux sociétés riches et développées de l’hémisphère Nord. Cela est particulièrement vrai, eu égard à tout ce qui touche à la santé (mentale, physique, etc.) des enfants du primaire, des jeunes du secondaire et des élèves ou étudiants d’âge adulte. Ce puits sans fond d’injection d’expertises pose désormais aujourd’hui au moins quatre défis :

1) Un nombre sans précédent d’enfants, de jeunes et d’adulte de tous les âges diagnostiqués avec un problème quelconque;

2) Notre capacité économique à supporter : a) l’embauche de nouveaux spécialistes; b) l’idée de plusieurs spécialistes pour un élève qui engendre une complexité à coordonner l’efficacité des multiples interventions d’un nombre croissant de ces spécialistes.

3) Notre questionnement face à la prescription croissante de médicaments pour nos enfants, jeunes et adultes de tous les âges;

4) Notre incertitude à savoir si ces multiples interventions d’autant de spécialistes «experts», et les médicaments qu’ils prescrivent, soient vraiment utiles.

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Notre inquiétude et notre incompréhension face à cette complexité, et notamment le danger soupçonné de dérive amène deux questions. Arriverons-nous à bien gérer la situation non souhaitée suivante : «porter une étiquette qui m’identifie à un problème quelconque». Tous ces spécialistes, toutes ces interventions et tous ces médicaments peuvent-ils avoir un effet à long terme plus dommageable qu’utile pour nos enfants, jeunes et élèves ou étudiants d’âges adultes?

L’ECEC invite à voir les défis tels qu’ils sont et à prendre conscience qu’il est possible de faire autrement. Ce qui suppose d`oser s’entreprendre collectivement en empruntant des sentiers hors-pistes pour que soit imaginé un nouvel équilibre au bénéfice de la santé globale de l’école, des éducateurs, des partenaires, des familles et des élèves.

RINO LÉVESQUE


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